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A House of Dynamite

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A House of Dynamite

Dans la nuit du 1er au 2 septembre 1983, le régiment de chars dans lequel La Nouvelle Ligne effectuait son service militaire en Allemagne avait été mis en alerte, pour une raison alors inconnue. On apprendra plus tard qu’à neuf mille kilomètres de distance, un chasseur soviétique Sukhoi avait abattu un avion de ligne, le vol Korean Airlines 007, au large de l’île de Sakhaline, précipitant la mort de 269 passagers et membres d’équipage.

Au moment où survient cet incident, personne au sein des forces de l’OTAN n’en connaît la mesure exacte. S’agit-il d’un tir délibéré ou d’une méprise ? S’agit-il d’un incident isolé ou au contraire du premier d’une série ? S’agit-il d’une acte de défense, tel que le perçoivent les Soviétiques, ou au contraire d’une agression ? Et surtout, quelle est la réponse qu’il y a lieu d’y apporter, au-delà de la mobilisation du vénérable régiment où servait La Nouvelle Ligne ?

L’incertitude, comme trame

Mutatis mutandis, ces questions et la réaction qu’il convient de formuler constituent la trame du dernier film de Kathryn Bigelow, A House of Dynamite. Réalisatrice de renom, Bigelow est spécialiste de films de guerre avec Zero Dark Thirty et Les Démineurs, qui lui a valu un Oscar.

L’intrigue de House of Dynamite démarre avec la détection du lancement d’un missile quelque part dans le Pacifique Nord, sans que les Américains ne sachent qui en s’en trouve à l’origine. Ils présument au départ qu’il s’agit d’un nouveau test nord-coréen et donc que l’engin plongera bientôt dans l’océan. Lorsqu’au contraire il poursuit sa lancée sur une orbite qui doit l’amener vers une cible présumée située au centre des Etats-Unis, le système US de défense s’enclenche, un niveau d’alerte après l’autre.

S’inspirant peut-être du scenario du film Dunkerque de Christopher Nolan, Bigelow raconte l’incident, qui ne dure qu’une vingtaine de minutes, selon trois points de vue, celui d’une base en Alaska, celui du général en charge de l’US Strategic Command et celui du Président des Etats-Unis. Clin d’œil à la situation réelle dans laquelle s’est trouvé George W. Bush lors des attentats de 9/11, dans le film, le Président est en train d’effectuer la visite d’une école de basket-ball lorsque l’alerte est déclenchée.

Le 2 septembre 1983 à l’aube, La Nouvelle Ligne avait regagné ses baraquements à la tête de son peloton de chars Léopard; l’alerte était passée, il s’était agi d’une tragique méprise dans le chef du pilote du chasseur soviétique. Dans A House of Dynamite, Bigelow laisse le spectateur dans l’incertitude quant à la riposte apportée ou pas par les Etats-Unis à cette attaque, si c’en est une. La tension qui en résulte fait de ce film, dont l’intrigue est finalement assez sommaire, un thriller politique très réussi.


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