Appuyez sur “Entrée” pour passer au contenu

La Menace Atlante

Partager l'article

La Menace Atlante

Alle (zwei) Jahre wieder. Tous les deux ans, paraît un nouvel album de la série Blake et Mortimer, que les enfants de La Nouvelle Ligne lui offrent à Noël en guise de marque de piété filiale.

La Nouvelle Ligne l’a déjà souligné, plus s’accroît le nombre des albums et plus il devient difficile de ranger le dernier né au sein de la fratrie, sous réserve du respect de l’unité de temps, qui s’écoule en gros de 1945 à 1965.

Avec La Menace Atlante, le scénariste Yves Sente invente une astuce qui lui permets d’échapper aux contraintes du temps et même de l’espace, en prenant appui sur un album existant de Jacobs, vieux de septante ans, L’Énigme de l’Atlantide.

Blake et Mortimer de retour chez les Atlantes

La Menace Atlante démarre de manière classique, qui met en scène Blake et Mortimer face à un phénomène mystérieux. Cependant, bien vite Sente insère une histoire dans l’histoire, sorte de suite à l’Énigme de l’Atlantide, et dans laquelle les deux héros n’apparaissent guère, davantage comparses que moteurs de l’intrigue. Il en résulte un scénario que La Nouvelle Ligne juge assez laborieux, une histoire qui s’étire parmi ses références internes. Quant au lecteur, il devinera rapidement le dénouement de l’intrigue si bien qu’il aura du mal à se laisser captiver.

Peter Van Dongen, dessinateur de talent, adopte un graphisme classique, élégant et précis, qui renvoie à la ligne claire du premier Jacobs. Avec son mélange d’évocation de la Grèce antique et de science-fiction, Jacobs avait lui-même fait appel dans l’Énigme au style de la BD américaine, et à celle de Flash Gordon en particulier. En dépit d’une mise à jour de ce que le lecteur entend par science-fiction, par exemple l’apparition de tablettes et de montres connectées, la description de l’univers des Atlantes avec ses couleurs criardes et ses dialogues ampoulés, relève, de l’avis de La Nouvelle Ligne, d’un style vieilli.

Des sujets d’actualité

De même que Jacobs avait traité des thèmes de son temps, au premier rang desquels figurait la guerre froide, Sente aborde des sujets propres au premier quart du XXIe siècle. Il y évoque d’une part la question de l’énergie et celle de l’exploitation des fonds marins, désormais un enjeu stratégique, et d’autre part les menaces qui planent sur la démocratie ; là où, dans l’album, des bombardiers soviétiques survolent les côtes écossaises, il n’est pas difficile d’y voir une allusion aux chasseurs russes qui de nos jours se livrent aux mêmes manœuvres.

Enfin, on notera une référence au gouvernement de Gaston Eyskens en Belgique (1958-1961), qui permet de situer l’histoire dans le temps, mais surtout les clins d’œil à la culture pop contemporaine : le canon du révolver de James Bond qui figure dans la bande annonce des films, et puis, de manière plus surprenante Jane Asher jeune fille, avant qu’elle ne devienne la compagne de Paul McCartney.

En définitive on retiendra de la Menace Atlante un album qui, s’il se veut un hommage explicite à Jacobs, pèche sans doute d’un manque de cohérence et n’aura sans doute pas destiné à être retenu le meilleur de la série.


En savoir plus sur La Nouvelle Ligne

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Soyez le premier a laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *