Deux événements ces derniers temps incitent La Nouvelle Ligne à reprendre ses réflexions en matière dynastique, qu’elle définit volontiers comme l’application de la succession généalogique, phénomène social observable, à la sphère politique. Le premier concerne la nomination de Mojtaba Khamenei à la charge de Guide Suprême de la République Islamique tandis que le second concerne le débat dans l’opinion publique britannique quant à l’opportinité ou non de retirer à l’ex-prince Andrew ses droits de succéder à la Couronne.
Election dynastique en Iran
De nombreux commentateurs ont souligné l’ironie que consistait à nommer Mojtaba Khamenei à la tête des institutions nées du renversement en 1979 de la dynastie Pahlavi incarnée par le dernier Shah. Cependant, alors que Mohammad Pahlavi avait succédé à son père, Reza, du simple fait qu’il en était le fils, Mojtaba est élu à la fonction jusque-là occupée par son père à lui, Ali. De ce point de vue, la nomination de Mojtaba s’apparente davantage à l’élection du doge de Venise ou à celle du Pape au Moyen-Âge et à la Renaissance, et qui s’effectue au sein d’un cercle restreint de familles.
Le Royaume de Pologne, une monarchie élective
Cependant, une élection, même au sein d’un groupe patricien, présente le désavantage de devoir recueillir des partisans, de s’engager par des promesses, voire de soudoyer des électeurs en vue de dégager une majorité. Le Royaume de Pologne incarnait ces disfonctionnements, à telle enseigne qu’il en viendra à disparaître de la carte au long du XVIIIe siècle.
C’est pourquoi, de nombreuses dynasties en sont venues à fixer une règle de succession. Dans le Royaume de France, les rois capétiens ont mené la guerre à l’Angleterre pendant cent ans au nom de la loi salique, que le souverain anglais contestait. Ainsi, la stabilité même de la Couronne est liée à la permanence des lois qui en régissent la transmission. « Je suis dans l’heureuse impossibilité de n’y rien pouvoir changer » disait Louis XV à propos des lois successorales.
Le péril des abdications
Le débat concernant Andrew Mountbatten-Windsor s’avère donc délicat. Tout d’abord, il ne concerne pas uniquement le Royaume-Uni mais une quinzaine d’autres pays dont le roi d’Angleterre est par ailleurs le chef d’État. Ensuite, quel que soit l’avis qu’on puisse avoir au sujet du comportement passé d’Andrew, il y a lieu de relever qu’il n’a à ce jour ni été condamné ni même inculpé. L’interdire de succéder au trône revient dans les faits à procéder à une élection négative sous la pression de l’opinion publique, et que viendrait ratifier une loi votée par le Parlement.
De mémoire d’homme, le Royaume-Uni a connu une abdication au titre de laquelle Edouard VIII renonçait au trône pour lui-même et ses descendants. Or, il s’avère qu’Edouard VIII n’a pas eu d’enfants si bien que la question de leurs droits éventuels ne s’est pas posée. Cependant, l’histoire suggère que ces renonciations laissent des traces néfastes ; en France, le traité d’Utrecht, conclu en 1713, divise encore légitimistes et orléanistes tandis que deux prétendants se disputent le titre de chef de la Maison de Bourbon-Siciles, à la suite de la renonciation en 1900 du prince Charles.
Une voie de sortie par le haut
Moins d’un siècle après l’abdication d’Edouard VIII, La Nouvelle Ligne estime peu souhaitable, et sans doute risqué, que le Parlement britannique prive Andrew Mountbatten-Windsor de ses droits dynastiques. Toujours de l’avis de La Nouvelle Ligne, la solution élégante consisterait pour l’ex-prince à déclarer que, pour le cas peu probable où il accéderait au trône, il y renoncerait aussitôt, par hypothèse au profit de ses descendants selon l’ordre successoral dans l’intérêt de l’institution monarchique. Il y trouverait peut-être même une forme de rédemption.
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En ce qui concerne la loi salique, elle n’est mentionnée dans aucun texte des XIVe et XVe siècle. C’est au XVIe siècle que les juristes français ont tenté de « théoriser » cette interdiction de transmission par les femmes. Le connétable de France, Gaucher de Châtillon, a eu cette phrase très regrettable: En vérité, ce serait folie que de laisser fille monter au trône ! Voyez-vous dame ou donzelle commander les armées, impure chaque mois, grosse chaque année ? Et tenir tête aux vassaux, alors qu’elles ne sont point capables de faire taire les chaleurs de leur nature ? Non, moi je ne vois point cela, et je vous le dis, la France est trop noble royaume pour tomber en quenouille et être remis à femelle. Les lis ne filent pas !
En outre, la fille unique de Louis X et les filles de Philippe V passaient évidemment avant Edouard III d’Angleterre et ses descendants.
Olivier de Trazegnies
et que dit le connétable de France de Jeanne, la pucelle d’Orléans, qui a trouvé qu’il fallait sortir ce trop noble royaume de ces quenouilles ?
Alors que la gente masculine l’avait mise dans cet état.