Critiques et recensions Église
Apologie de la foi catholique
Apologie de la foi catholique sous l'impulsion de Monseigneur Robert Barron, "l'évêque d'internet".
Robert Barron
Évêque depuis juin dernier de Winona-Rochester au Minnesota, Robert Barron est connu comme le fondateur de l’institut Word on Fire, qui promeut l’apostolat en ligne. C’est à son inspiration et impulsion qu’on doit la publication de The New Apologetics, un petit recueil d’une quarantaine d’essais traitant de la théologie et de la philosophie, de la psychologie et de la sociologie, des sciences et des arts. Par apologie il y a lieu d’entendre la défense raisonnée de la foi (ici catholique), à la fois une nécessité et un devoir selon ce qui est écrit au chapitre III, verset 15 de la 1ère épître de Saint Pierre. Son but est d’affirmer la vérité de la Révélation, l’harmonie entre foi et raison et une saine compréhension de la liberté humaine.
En effet, la Nouvelle Apologie s’inscrit résolument dans le contexte de la nouvelle évangélisation proclamée par Jean-Paul II et entend s’adresser au monde actuel post-chrétien, parfois anti-chrétien, athée et surtout relativiste. Elle se veut le reflet de l’attention que l’Église catholique accorde aux sciences et affirme résolument la cohabitation en l’homme de la foi et de la raison, deux modes de la connaissance humaine. Puisant à la source d’une longue et solide tradition intellectuelle qui remonte aux Pères de l’Église, elle connaît et reconnaît ses ennemis, Sartre, Nietzsche ou Marx et la société athée qu’ils ont engendrée.
La Splendeur de la Vérité
La Nouvelle Apologie fait de la beauté, la splendeur de la vérité selon le titre de l’encyclique de Jean-Paul II, le fer de lance de son approche car seule la beauté, pas toujours présente dans la culture catholique actuelle il est vrai, est à même de désarmer les objections que lui adresse le relativisme contemporain.
The New Apologetics fait référence à des références culturelles, et en particulier littéraires, tirées du monde anglo-saxon qui ne seront pas toutes familières à un lecteur de langue française ; néanmoins, ses enseignements sont applicables à d’autres cultures pour la raison-même que la foi chrétienne s’inscrit dans la réalité très concrète de l’incarnation.
Ce petit livre a vocation à constituer un manifeste de la foi catholique afin d’être tout à tous (1 Cor IX, 22). Plus qu’un manuel d’argumentation, il a vocation à être entendu dans et par le monde d’aujourd’hui, en ligne et hors ligne, par les jeunes en particulier et par tous ceux qui en Occident se sont éloignés de l’Église.
The New Apologetics, Word on Fire, 288 pages, 2022
37 commentaires
Christophe de Reyff · 5 novembre 2022
Je crois qu’en français il faut aussi utiliser le terme d’ « apologétique » pour la défense de la foi. Cela dit, pensez-vous vraiment que ce petit livre trouvera un autre public que celui des croyants déjà convaincus ? Les mondes relativiste, agnostique et athée n’en auront hélas cure.
Dominique de la Barre · 6 novembre 2022
Certes, mais c’est déjà pas mal. Vous pouvez suivre Bishop Barron sur YouTube.
Bernard J. Wohlwend · 5 novembre 2022
Monsieur de la Barre,
Votre billet sur l’Apologie de la foi catholique appelle heureusement à une réflexion autre que les tristes sujets traités par nombre de blogueurs.
Croire ou savoir, le matériel ou le spirituel, des oppositions qui ont fait l’objet de disputes sans cesse renouvelées.
L’apôtre Pierre a en effet dit: «Honorez dans vos cœurs la sainteté du Seigneur, le Christ. Soyez prêts à tout moment à présenter une défense devant quiconque vous demande de rendre raison de l’espérance qui est en vous;».
L’éternel problème des preuves de l’existence de Dieu. D’aucuns comme Teilhard de Chardin, Jésuite, grand penseur catholique à cheval sur le XIXème et le XXème siècles, chercheur, paléontologue, théologien et philosophe, ont voulu démontrer que la science et la foi ne se contredisaient en rien. Bien que sa théorie soit vraie, sa rationalité est une erreur car, si la science est humaine et matérielle, la Connaissance, soit la Révélation, est divine et spirituelle. Il est faux de les placer sur un pied d’égalité. La science ou, plus exactement, les sciences relèvent du domaine matériel vu par l’œil et le cerveau alors que la Connaissance est du domaine spirituel vu par l’œil du cœur. Il n’y a pas égalité entre ces deux réalités mais subordination de l’une à l’autre.
Toute autre est l’approche d’Albert Einstein pour qui les mathématiques et la physique avaient une valeur spirituelle qui, plus tard, a permis à Max Planck d’élaborer sa théorie du Big Bang, soit de l’origine spirituelle, donc non matérielle, de la matière.
Dominique de la Barre · 5 novembre 2022
Ce n’est pas Max Planck qui est à l’origine de la théorie du Big Bang mais Georges Lemaître, un chanoine belge. Voir par exemple https://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Lema%C3%AEtre
Michel THYS · 6 novembre 2022
En simplifiant – à outrance -, je dirais que l’on pense avec son néocortex et que l’on croit avec son cerveau émotionnel (limbique), les deux étant en constante connexion mais en équilibre instable … (cf mon interprétation de la conversion de Paul Claudel proposée à Monsieur GIOT).
Hubert Giot · 5 novembre 2022
La vérité de la Révélation ! n’est qu’un mythe comme tous les mythes fondateurs des religions qui ne se reconnaissent pas et même se font la guerre … comme les catholiques l’ont fait contre le reste du monde …
La nouvelle apologie ne vaut pas mieux que l’ancienne, puisqu’elle se construit sur des bases identiques !
Il faudrait commencer par faire table rase des anciens mythes pour prétendre renouveler la foi …
Michel THYS · 6 novembre 2022
Bonjour Hubert GIOT,
Puis-je vous proposer ma modeste interprétation « psycho-neuro-physiologique » de la « Révélation » et des conversions religieuses ? Lorsqu’on bascule de l’incroyance vers la croyance, ou d’une forme de croyance à une autre, il se produit en un instant une augmentation de l’activité du noyau caudé notamment et un bouleversement d’hormones et de neurotransmetteurs, un peu comme, mutatis mutandis, dans le cas du coup de foudre amoureux …
Je m’explique par exemple, la conversion de Paul CLAUDEL en entendant le Magnificat de BACH à N-D de Paris le 25 décembre1886. Malgré sa brillante intelligence, il ignorait forcément à cette époque que l’environnement sensoriel avait affecté ses cinq sens, via le gigantisme, le décorum et les dorures de la cathédrale, le son écrasant des grandes orgues, les chants des choristes, l’odeur d’encens, la génuflexion. (Les religions ont d’ailleurs toujours exploité les cinq sens des fidèles, à commencer par l’olfaction : l’odeur d’encens parvient en effet directement au thalamus qui actionne l’amygdale, avant d’atteindre ensuite le cortex sensoriel).
Tout cela a dû provoquer en lui un bouleversement psychophysiologique d’hormones et de neurotransmetteurs, au niveau notamment de la production de la phényléthylamine, de l’ocytocine, de la sérotonine et de la dopamine, au point de faire disjoncter son cerveau rationnel au profit de son cerveau émotionnel : « En un instant, mon coeur fut touché, et je crus », écrit-il.
Ce n’est d’ailleurs pas surprenant puisque les sensibilités poétique, musicale, religieuse, ont des « localisations » voisines, ce qui facilite les interactions.
L. Naderlane · 5 novembre 2022
« Par apologie il y a lieu d’entendre la défense raisonnée de la foi… »
Saint Anselme de Cantorbery disait-il autre chose en formulant son « Fides quaerens intellectum »? Comme l’auteur de « New Apologetics » renvoie à des penseurs anglo-saxons, il n’est pas interdit de supposer qu’il se considère lui-même dans une certaine mesure tributaire du « Doctor Magnificus » à l’origine de ce que Kant appelle l’argument ontologique. Mais quoi de si « new » à cet égard?
Et qu’entend-on par relativisme, mouvement qui traverse les siècles depuis que Protagoras, grand maître du genre et agnostique avoué, a dit: « L’homme est la mesure de toute chose »? N’est-ce pas avec ces mots, qu’il attribue au célèbre sophiste, que Platon le réfute dans le Théétète (152a-183b) et formule ainsi la première philosophie relativiste? (Tobie Nathan, « Relativisme », sur Encyclopædia Universalis).
Le gnostique Carpocrate et ses adeptes soutiennent que Bouddha, Moïse, Mani et Jésus avaient la même valeur sur le plan humain (Madeleine Scopello, Églises et identités culturelles in « Les premiers temps de l’Église », collectif, Folio Histoire, 2004, p. 565).
Philosophie parmi d’autres depuis l’Antiquité, n’en existe-t-il pas plusieurs variantes aujourd’hui – épistémologiques, cognitives (une des variantes de la précédente), éthiques (Spinoza, Kant, Nietsche), culturelles?
Si, parmi les opposants revendiqués au relativisme, le pape Benoît XVI a dénoncé dans un discours prononcé le 18 avril 2005, la veille de son élection « une dictature du relativisme qui ne reconnaît rien comme définitif et qui donne comme mesure ultime uniquement son propre ego et ses désirs » (homélie du cardinal Joseph Ratzinger du 18 avril 2005 – https://www.vatican.va/gpII/documents/homily-pro-eligendo-pontifice_20050418_fr.html), qu’entend-il par relativisme? Les mathématiques n’excluent pas l’indémontrable (théorèmes d’incomplétude de Gödel).
Comme le suggère Christophe de Reyff, la « nouvelle apologétique » de Robert Barron semble vouée à prêcher aux convertis. Son « Word on fire » n’a-t-il d’ailleurs pas quelque chose qui rappelle les bûchers de l’Inquisition plutôt que la philosophie des Lumières?
Michel THYS · 6 novembre 2022
Un tout autre point de vue …
Il est reconnu en psychosociologie (même religieuse : cf. Antoine VERGOTE et Vassilis SAROGLOU de l’UCL) que c’est le besoin de certitudes et surtout celui d’un père protecteur, substitutif et anthropomorphe qui est fondamentalement à l’origine de la croyance en un dieu. Quant à la fréquente persistance de la foi, forcément neuronale, ne pourrait-elle pas s’expliquer par le fait que l’éducation religieuse précoce que reçoivent encore les enfants de familles croyantes, surtout musulmanes, laisse des traces indélébiles et inconscientes dans les amygdales de leur jeune cerveau émotionnel, puis rationnel, indépendamment de leur intelligence et de leur intellect ultérieur ?
Cela affectera alors, le plus souvent, heureusement de moins en moins de nos jours sous nos latitudes, le libre arbitre de ces croyants et les empêchera donc généralement de pouvoir choisir, en connaissance de cause et aussi librement que possible, de croire OU de ne pas croire … A contrario, un enfant de parents athées ne devient presque jamais croyant, sauf influences ultérieures unilatérales. Par honnêteté intellectuelle et morale, il est vrai qu’il devrait découvrir également le « fait religieux », sans prosélytisme s’entend. Hélas, toutes les religions, sous le prétexte de propager la paix, l’amour d’autrui, le « salut éternel » et la quête de sens à donner à l’existence, exploitent depuis toujours le besoin de certitudes et de dépendance. Pour y parvenir, elles imposent, autant qu’encore possible actuellement, une soumission partielle ou totale, à un dieu, à un prophète (qui n’a certainement jamais dit tout ce qu’on lui a fait dire !) et à un texte « sacré », pourtant manipulé au cours des siècles …
Dans cette optique psycho-neuro-physiologique, certes simpliste et réductrice car elle semble se passer de toute réflexion philosophique, « Dieu » n’a plus évidemment qu’une existence subjective, imaginaire et donc illusoire …
Mais il n’est pas question, pour l’ancien croyant protestant que je suis, devenu athée, (et donc ouvert à une spiritualité laïque) de vouloir « convaincre » des croyants, d’autant moins s’ils sont heureux de l’être et surtout parce que leur dieu existe bel et bien dans leur tête, parce qu’une religion l’y a mis précocement, le plus souvent « de bonne foi », mais « à l’insu de leur plein gré ». Ma seule intention est seulement de tenter de faire découvrir sans prosélytisme à certains croyants d’autres aspects du phénomène religieux et de susciter des échanges de points de vue enrichissants.
À propos de l’islam : autant je respecte les musulmans (sauf les terroristes), autant je condamne l’islam, parce qu’il me semble-potentiellement islamiste lorsqu’il est pris à la lettre, et parce que, du moins à mes yeux, son but ultime est d’imposer la charia au monde entier afin de rétablir le califat, fût-ce dans plusieurs générations, voire plus tôt encore du fait non seulement de la conception actuelle que se font les politiciens électoralistes de la « tolérance » et de la « « neutralité » dans les pays « démocratiques », mais aussi de la démographie musulmane croissante dans les pays démocratiques.
Au risque de paraître intolérant, voire xénophobe ou raciste, j’ose souhaiter que les musulmans de chez nous acceptent de s’intégrer à notre société, de ne pas privilégier la charia à nos lois, règlements et usages, et de renoncer à obtenir de plus en plus de droits, même s’ils leur sont offerts, du moins lorsqu’ils sont en contraction avec le respect des valeurs humanistes, bénéfiques à tous, partout et donc universalisables.
Puisse l’avenir connaître l’avènement d’un nouveau paradigme éducatif, aussi généralisé que possible qui, contrairement aux religions, antagonistes depuis toujours, développerait enfin les libertés de conscience et de pensée (actuellement plus symboliques qu’effectives), l’autonomie de la conscience plutôt que la soumission, l’acceptation de la différence de l’autre et surtout le respect des valeurs de l’humanisme laïque !
Michel Thys, à Ittre en Belgique. michel.thys357@gmail.com
François d'Adesky · 6 novembre 2022
Personnellement en tant que croyant, je suis persuadé que nous ne pouvons pas convertir les gens à la Foi chrétienne, via l’apologie, les dogmes, la dispute théologique ou l’argumentation philosophique.
A mon avis, la seule façon de convertir le monde au christianisme est d’appliquer le commandement nouveau de Jésus le Christ : « Aimez-vous les uns les autres ; comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres, que tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples. » (Jean 13 : 34-35).
Il me paraît évident, que c’est en essayant de suivre l’exemple de Jésus le Christ en marchant dans ses pas, qu’alors l’Esprit-Saint peut – en notre compagnie – déployer toute son énergie à la conversion du monde. C’est ainsi que les chrétiens peuvent accomplir leur grande mission terrestre : propager le message du salut jusqu’aux extrémités de la terre !
C’est un vaste programme, mais on peut le réaliser tous ensemble, si nous avons l’humilité de croire que Dieu est Amour !
Michel THYS · 6 novembre 2022
Les religions étant antagonistes depuis toujours, et donc à l’origine de l’intolérance et de constantes violences, je crains qu’il ne soit pas du tout suffisant d’ « appliquer le commandement : « Aimez-vous les uns les autres ». Pour y parvenir, ne faudrait-il pas plutôt développer, dès la prime enfance, par l’éducation familiale puis scolaire, le respect de l’autre, l’ouverture à sa différence, ainsi que celui des valeurs humanistes proposées par la laïcité philosophique (à la belge) ?
Michael Servetus · 6 novembre 2022
Michel Thys: Les religions sont-ils à l’origine de l’intolérance et de la violence? Vraiment? Êtes-vous sérieux? Nous vivons dans une société éminemment et majoritairement laïque et je vois constamment du sectarisme et de la violence… chez les athées aussi. Historiquement, les nazis étaient tolérants ? Et les bolcheviks étaient pacifiques ?
Michel THYS · 6 novembre 2022
À mes yeux, l’Histoire confirme abondamment la piètre aptitude de toutes les religions et des idéologies politiques à développer une conscience morale autonome, le respect de la dignité humaine et celui des valeurs humanistes, réaffirmées par la « Déclaration Universelle des Droits Humains » de 1948.
Je constate en effet la remarquable aptitude de toutes les religions et des idéologies à promouvoir dès l’enfance, la soumission à un dieu, à un prophète, à un texte « sacré » ou à un dictateur …
Toutes les dictatures du monde témoignent d’une absence totale de respect de la vie humaine du fait, selon moi, de leur fondement religieux. Le léninisme, le stalinisme et le nazisme, bien qu’ils ne soient que partiellement comparables, en témoignent.
Je pense même que leur mépris de la dignité humaine n’est pas dû à leur idéologie politique soi-disant « athée » (puisque l’athéisme est seulement une option philosophique rationnelle librement consentie), mais qu’il résulte de la croyance religieuse initiale des « dominants » que furent Lénine, Staline, Hitler et de celle des « dominés », d’autant plus facilement endoctrinés que leur soumission religieuse précoce et entretenue, a constitué un terreau favorable à leur soumission idéologique et politique.
Christophe de Reyff · 6 novembre 2022
Je n’ai pas encore lu « The New Apologetics », mais, et cela pour répondre « in globo » aux sept interventions plutôt musclées de Michel Thys sur ce blog, je crois fermement que la quintessence du message du Christ se trouve dans Mathieu, chap. 25 dès le verset 35. Tout y est. Je suis certain que M. Thys confirmera que l’humanisme athée reconnaissant ces valeurs imprescriptibles de la dignité humaine, y souscrit à 100%. Eh bien, cessons dès lors de batailler ! Car le Juge reconnaîtra les siens puisque par leur humanité ils auront été « marqués au front » du sceau des serviteurs.
Christophe de Reyff · 7 novembre 2022
@ M. Wohlwend
Vous m’aurez mal lu, je crois. Car j’exclus justement l’infini et de l’espace et du temps qui, nous le savons depuis Einstein, sont liés dans un continuum, certes illimité, mais indéfiniment grand sans être infini.
L’indéfini dont je parle veut seulement dire que les étendue et durée dans ce continuum ne sont pas dénombrables, et cependant toujours très loin d’être infinies. Me suis-je maintenant mieux exprimé ?
Bernard J. Wohlwend · 8 novembre 2022
@ M. De Reyff
Vous dites très justement ‘Entre le choix du fini et de l’infini, il y a place pour l’indéfini’.
En même temps, vous faites un distingo entre ‘infini’ et ‘éternel’. Pour moi, ces deux termes sont, si non synomymes, du moins équivalents: ce qui est, n’a jamais commencé et ne finira jamais. Si l’on prend la suite des nombres comme exemple, partant de un elle croît indéfiniment, comme celle qui décroît, non pas selon la fiction mathématique des chiffres négatifs, mais en divisant un par deux et ainsi de suite indéfiniment. Max Planck a expliqué que ces suites indéfinies se heurtent nécessairement à ce qui est appelé aujourd’hui le ‘mur de Planck’, soit le passage du règne de la quantité au règne de la qualité, du matériel au spirituel, du fini à l’infini.
Michel THYS · 8 novembre 2022
Ad François d’Adesky,
Oui, apparemment on pourrait penser que la DUDH, rédigée a priori par des croyants (merci de me le rappeler), s’inspire de la morale chrétienne (Aimez-vous les uns les autres, etc), mais cette morale n’a pas empêché 20 siècles d’intolérances et de guerres religieuses parce qu’elle se fonde, fût- à des degrés divers, sur la soumission à un dieu qui est subjectif, à un prophète qui n’a jamais dit tout ce qu’on lui a fait dire, et à un texte sacré manipulé au cours des siècles … La morale laïque, au contraire, développe l’autonomie de la conscience et de la pensée, la responsabilité individuelle, l’ouverture à la différence de l’autre, etc.
En outre, la DUDH s’inspire aussi de la « Déclaration des droits de l’homme et du citoyen » de 1789 (qui affirme les droits et libertés dont doit disposer tout être humain dès sa naissance) et de la Révolution américaine, promues toutes deux par de nombreux francs-maçons « a-dogmatiques ». Je ne m’étonne donc pas que l’’art. 18 de la DUDH témoigne d’un parfait esprit d’ouverture et de tolérance : « Toute personne a droit à la liberté de conscience et de religion ; ce doit implique la liberté de changer de religion ou de conviction … ».
Mais ce droit est théorique et inappliqué puisque la croyance religieuse a été transmise (heureusement de moins en moins sous nos latitudes intellectualisées) par les parents croyants puis par l’école confessionnelle et que toutes les religions ont bien évidemment occulté volontairement la découverte, dès l’adolescence, des options philosophiques non confessionnelles …
Michel THYS · 8 novembre 2022
Très pertinente question, Monsieur de la Barre !
J’ai eu la chance de pouvoir m’abstraire, mais non sans peine je vous le « confesse », des influences religieuses subies dans mon enfance. D’abord parce qu’elles étaient peu prégnantes, étant protestantes : ayant le droit d’interpréter la Bible, je me croyais « du bon côté de la barrière dogmatique » … Ensuite parce que mes parents, l’un catholique, l’autre protestante, étaient non pratiquants et n’ont fait baptiser leurs huit enfants que par tradition familiale (quatre protestants et quatre catholiques, « selon les hasards de la guerre » (j’ai 84 ans). Ce n’est qu’à 21 ans, au moment où j’allais faire baptiser mon fils, que mon beau-père, franc-maçon a-dogmatique, tout en me donnant le choix, m’a déconseillé de le faire baptiser, « même si tu ne comprends pas pourquoi » et il m’a fait découvrir la libre pensée, la morale laïque, le rationalisme, la franc-maçonnerie a-dogmatique, etc. J’ai été rapidement convaincu intellectuellement de l’inexistence objective de Dieu, mais il m’a quand même fallu deux ans pour oser dire, comme feu le journaliste scientifique de la RTBF Paul DANBLON : « Dieu, si tu existes, j’ai un œuf à peler avec toi, qui permets la mort d’enfants ! » Depuis plus de 60 ans, bien que n’étant pas médecin, je m’intéresse donc à l’origine psycho-neuro-physiologique, éducative et culturelle de la foi, ainsi qu’à sa fréquente persistance neuronale. Mais il va de soi que je n’émets que de modestes hypothèses explicatives évidemment simplistes et réductionnistes au regard de l’infinie complexité du cerveau humain … ! Néanmoins confirmées par la pédiatre française Catherine GUEGUEN lors d’une conférence :
– Le cerveau de l’enfant est fragile, immature, malléable, vulnérable, une éponge !
– Les expériences affectives que va vivre l’enfant vont modifier le développement de son cerveau, son comportement, l’expression de ses émotions et sa santé psychique.
– Le développement du cerveau de l’enfant se fait surtout les 5 premières années, sous la dépendance de processus génétiques et environnementaux.
– L’enfant est extrêmement influencé par les adultes autour de lui, il apprend via les neurones miroirs, par imitation.
– L’amygdale cérébrale (centre de la peur) est parfaitement mâture dès la naissance. Elle déclenche la sécrétion des molécules de stress et stocke des souvenirs inconscients chez le petit qui continuent à agir chez l’adulte ».
Sans pour autant oser, prudence scientifique oblige, évoquer les influences religieuses … , sujet hélas tabou …).
Dominique de la Barre · 8 novembre 2022
Je suis heureux d’apprendre que vous avez survécu à votre enfance.