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Une Frenchie, illustratrice freelance

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Moiselle Isaure

« Tintin, c’est moi » déclarait Hergé ; il désignait par là à la fois la distance qui le séparait de son personnage et l’intimité qu’il entretenait avec lui. Il en va de même avec Moiselle Isaure, où l’auteur, espiègle, se révèle dans son personnage.

Car elle est d’abord une demoiselle. Si elle emprunte volontiers les tailleurs Yves Saint Laurent de sa mère lors des grandes occasions, elle affectionne davantage le look bobo qui sied à son époque et à son âge et accorde un soin tout particulier à sa lingerie, lorsqu’elle en porte.

Moiselle Isaure, une Frenchie

Très française, elle se présente d’ailleurs comme une « Frenchie », elle rêve néanmoins d’horizons lointains, là où des étoiles nouvelles surgissent du fond de l’océan. A défaut d’Erasmus, elle voyage ici et là et n’hésite pas à franchir ces Pyrénées que Louis XIV pensait avoir abolies. Souvent entourée de sa bande de copains, elle ne dédaigne pas cependant le plaisir de sa propre compagnie. Mais surtout, comme Belmondo dans le rôle du Magnifique, c’est en regardant par la fenêtre que Moiselle Isaure s’évade.

Elle couche alors sur le papier ces voyages imaginaires, tantôt une simple vignette, tantôt une image d’illustration, tantôt encore un récit illustré. Car si Moiselle Isaure est d’abord une dessinatrice, attachée à un style de dessin dont se dégage une pointe d’humour, elle enchaîne parfois les dessins comme d’autres des pâquerettes et en tire un récit illustré, entre comic strip et strip tease.

Il y a trois mois, Moiselle Isaure, d’ordinaire volontiers malicieuse, rendait un hommage ému à Sempé, avec qui elle a en partage le charme, la tendresse et l’humour. De l’avis de La Ligne Claire, la place de Sempé est à prendre au sein du paysage français et Moiselle Isaure lui paraît une bonne candidate. Du reste, les meilleures publications, parmi lesquelles on discerne Le Figaro, ont repéré déjà cette Petite Nicolette.

La Nouvelle Ligne apprend de bonne source que Moiselle Isaure s’est unie l’été dernier à la famille des comtes de la Barre en cette année du tricentenaire de l’érection en comté de la seigneurie d’Erquelinnes. On se réjouit que son pinceau espiègle vienne orner les griffons qui soutiennent le blason De Gueules à Bande de Vair.

4 Commentaires

  1. Christophe de Reyff Christophe de Reyff 19 novembre 2022

    Que voilà un blason intéressant !
    https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Henri_de_la_Barre_d'Erquelinnes
    Que voit-on dans la bande d’azur ? Des cloches ou des pots d’argent ?
    Normalement, dans le vair, les cloches sont d’azur et les pots d’argent.
    C’est le contraire dans le contre-vair.
    Devrait-on lire ici une bande d’azur avec des cloches d’argent ou avec des pots d’argent ? Dans le premier cas ce serait un bande de contre-vair, dans le second une bande de vair.

  2. Grudzinski Grudzinski 19 novembre 2022

    Très charmant hommage à une jeune illustratrice qui, espérons-le, suivra le destin évoqué dans ces lignes

  3. Jacques Ambühl Jacques Ambühl 19 novembre 2022


    Ou, penchés à l’avant de blanches caravelles,
    Ils regardaient monter en un ciel ignoré
    Du fond de l’Océan des étoiles nouvelles.

    Belle référence au poète José-Maria de Hérédia (1843-1905) et son poème Les conquérants.

    • Mark Wild Mark Wild 20 novembre 2022

      Monsieur Ambühl,

      J’adore complètement ce poème! Quelle bonne idée avez-vous eue de rappeler ces quelques vers.

      « Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal
      Fatigués de porter leurs misères hautaines »

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