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Streets of Minneapolis

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Quelques jours à peine après la mort de Renée Nicole Good et d’Alex Pretti, Bruce Springsteen enregistrait une nouvelle chanson, Streets of Minneapolis, qui occupe depuis la première place sur iTunes.

Elle s’inscrit de plain-pied dans la tradition des protest songs, à laquelle Joan Baez et Bob Dylan, et avant eux des chanteurs comme Woody Guthrie, ont donné ses lettres de noblesse.

De l’Ohio à Minneapolis

Mais le parallèle le plus immédiat qu’on puisse dresser est sans doute avec Ohio, la chanson que Neil Young compose en juin 1970. Un mois plus tôt, la Garde Nationale avait ouvert le feu sur des étudiants de la Kent University qui manifestaient de manière pacifique ; lorsque les fusils se furent tus, quatre morts et neuf blessés gisaient sanglants sur le campus. Non seulement les circonstances du drame qui donne naissance à ces deux chansons sont similaires, mais la manière dont les deux artistes traduisent l’événement le sont aussi : une musique rock crue, la mention explicite du président en exercice, là Nixon et ici Trump, et surtout le talent à rendre compte de ce que le public perçoit être une injustice manifeste.

Des protest songs à Minneapolis

L’usage que fait Springsteen de l’harmonica renvoie aussitôt dans le chef de l’auditeur aux chansons de Bob Dylan. On y est, les droits civils, la Marche sur Washington, Martin Luthet King, une guitare pour seule arme. Au début des années 60 du siècle dernier, Dylan se saisit à deux poings des signes du temps et les met en musique avec Blowing in the Wind, The Times they are a-changing ou encore Masters of War.

Mais il s’agit là de considérations générales, et dans le cas de Blowing in the Wind, presque abstraites. A côté de ces grandes hymnes, Dylan fait montre d’un talent inégalé pour s’emparer d’un fait divers isolé et tragique et de s’en faire pas simplement le narrateur mais le porte-parole de ces victimes sans voix. The lonesome Death of Hattie Carroll, ou encore George Jackson, autant de témoignages qui renvoient à des situations particulières, à des personnes concrètes, à des morts.

Avec Streets of Minneapolis, Springsteen fait appel de manière explicite de ces codes et, par-là même, de l’avis de la Nouvelle Ligne, s’ancre dans cette tradition-là.


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Un commentaire

  1. Jean Colas Jean Colas 18 février 2026

    Merci pour cette description d’une génération qui s’éteint, qui a l’indignation toujours à sens unique.

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