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Le Club des petits Etats

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Armen Sarkissian, un plaidoyer en faveur des petits pays

Ancien premier ministre et président de la République d’Arménie, Armen Sarkissian passe en revue onze [1] petits pays, dont la plupart ont su assurer avec succès leur prospérité économique mais plus encore développer un modèle de société qui leur convienne. Sarkissian se défend de vouloir écrire un livre académique et à ce titre ne propose pas de définition formelle de ce qui constitue un petit pays, même s’il suggère une limite supérieure à la population de l’ordre de 15 millions d’âmes.

Les petits, une liste arbitraire

Sur la base d’une liste forcément arbitraire, l’auteur s’interroge sur les points communs que ces pays entretiennent entre eux, une naissance parfois traumatique, une diplomatie agile, la mise en œuvre d’une politique pragmatique qui fasse l’objet d’un large consensus. A première vue, il est davantage aisé de souligner les différences : certains sont dotés de vastes ressources naturelles (Qatar, EAU, Botswana) et d’autres pas ; certains bénéficient d’une vaste diaspora (Irlande, Israël, Arménie) tandis que d’autres au contraire abritent une proportion très importante de main d’œuvre étrangère (Qatar, EAU). A l’exception de la Suisse dont la constitution remonte à 1848, chacun des dix autres États est né sous sa forme moderne dans la seconde moitié du XXe siècle et s’est vu contraint de choisir son mode de développement.

De l’avis de La Nouvelle Ligne, les points communs entre ces pays résident en un consensus au sujet de l’identité nationale et de son avenir, une bonne gouvernance qui exclut le népotisme et la corruption, l’accent mis sur l’éducation, le rôle actif de l’État dans la définition des choix stratégiques allié à une large place accordée au secteur privé et, de manière générale, une grande ouverture sur le monde dans les domaines économique et diplomatique.

Sarkissian, un adepte du name dropping

L’auteur rédige donc onze petits chapitres, factuellement corrects mais quoiqu’assez secs, qui se lisent un peu comme un rapport consulaire mâtiné de name dropping, tandis que Sarkissian en profite pour évoquer les personnes qu’il a rencontrées au cours de sa carrière politique. Le simple fait d’être invité au mariage du prince héritier de Jordanie ne suffit pas à expliquer pourquoi la Jordanie devrait être considérée une réussite. D’autre part, certains de ces rapports sont marqués du sceau de la complaisance ; par exemple l’auteur retrace le parcours de l’État d’Israël de sa naissance en 1948 à la start-up nation d’aujourd’hui sans mentionner une seule fois le mot guerre.

En guise de conclusion, l’auteur plaide pour la formation d’un club des petits pays. S’il a raison de souligner que cette suggestion se heurte aux positions acquises par les grandes puissances, par exemple au Conseil de Sécurité de l’ONU, il n’ensuit pas automatiquement que l’idée soit réalisable. Pour sa part La Nouvelle Ligne estime que, du Liechtenstein à Haïti, le nombre de petits pays est trop varié et trop élevé que pour former un ensemble cohérent. On sent dans cette suggestion de l’auteur une forme d’aveu de de n’avoir pas su faire de son petit pays, qui vient de perdre une guerre, une réussite à l’image de l’Estonie par exemple, ses anciens collègues au sein de l’URSS.

Armen Sarkissian, The Small States Club, Hurst, 1948


[1] Singapour, Israël, Suisse, Estonie, Irlande, Qatar, Botswana, Irlande, Émirats Arabes Unis, Jordanie, Arménie

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Un commentaire

  1. d'Adesky, François d'Adesky, François 6 mai 2024

    Merci Monsieur d’attirer notre attention sur ce livre au titre « ronflant ». A notre humble avis, M. Sarkissian, n’ a pas encore réalisé que nous ne vivons pas au pays des Bisounours.
    Aujourd’hui, nous sommes dans un monde globalisé, dans lequel malheureusement quelques puissants pays à régimes autoritaires veulent imposer à tous la loi du plus fort alias la loi de la jungle !
    La seule façon pour des petits pays à démocratie avancée de survivre, c’est d’être membres de grandes structures d’intégration régionales style « Union Européenne », mais possédant une armée efficace et dissuasive et qui comme chacun le sait est le bras armé de la diplomatie !

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