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Article publié dans “Histoire”

Le pas de trop

Ukraine Le deuxième anniversaire du déclenchement de l’invasion russe de l’Ukraine fournit l’occasion d’examiner à nouveau les conditions qui ont amené Vladimir Poutine à franchir ce pas. Né en 1971 d’un père britannique et d’une mère soviétique, Owen Matthews se consacre au journalisme et couvrira pendant vingt-cinq ans les affaires russes, d’abord pour Moscow Times et ensuite pour le magazine Newsweek. En 2023, dix-huit mois après le déclenchement de l’invasion, il publie Overreach, dont il faut comprendre le titre comme désignant quelqu’un qui a eu les yeux plus gros que le ventre. Six mois plus tard, sa lecture demeure tout aussi éclairante. Un intime de la Russie De son propre aveu, l’auteur, qui connaît la Russie de façon intime, n’a pas accès au premier cercle de Poutine et est contraint de se cantonner au deuxième, voire au troisième cercle; en revanche il accède à l’entourage proche du président Zelenski. Il…

Un récit en bande dessinée

Histoire de Jérusalem En octobre 2022 paraissait en bande dessinée une histoire de Jérusalem tout à fait remarquable, qu’on doit à la plume de Vincent Lemire, professeur d’histoire à l’université Paris-Est, et au pinceau de Christophe Gaultier. Découpée en dix chapitres, elle retrace l’histoire de la ville depuis sa fondation il y 4000 ans jusqu’à nos jours. Il y a 40 siècles donc, soit avant la conquête par les Hébreux des actuels territoires d’Israël et de Palestine au 14e siècle avant notre ère, Jérusalem n’est guère qu’une bourgade perchée sur une crête entre la Méditerranée à l’ouest et le désert et la Mer Morte à l’est. Le choix de l’emplacement interroge tant la plaine côtière si fertile est proche. Autour de l’an 1000 avant notre ère, le roi David conquière la ville et en fait sa capitale ; son fils, le roi Salomon, procède à l’érection d’un temple grandiose en l’honneur…

Le 9 novembre et le destin de l’Allemagne

La Chute du Mur- le poids de l’histoire Au siècle dernier, l’Allemagne a produit plus d’histoire qu’elle ne pouvait en consommer. Il y a trente-quatre ans, le 9 novembre 1989, le monde entier assistait ébahi à la chute du chute du Mur de Berlin ; peu d’événements dans l’histoire ont acquis une telle résonnance, dont l’écho retentit jusqu’à nos jours. Sorte de prise de la Bastille pacifique, il y a désormais un avant et un après la chute du Mur : la disparition du communisme en Europe, l’adhésion des pays d’Europe centrale à l’Union Européenne et à l’OTAN ; même la guerre en Ukraine en est la conséquence différée, du point de vue des Russes. De même que le 14 juillet est devenu le jour de la fête nationale française, le 9 novembre paraît être le candidat idéal à la fête nationale allemande, d’autant que la chute du mur a rapidement conduit à…

Une altesse en route

Fille de la reine d’Espagne Isabelle II, Eulalie de Bourbon naît en 1864, au milieu de ce XIXe siècle espagnol agité par une forte instabilité politique. Aux guerres carlistes succéderont les pronunciamentos de l’armée, les querelles de souverains, l’exil, l’abdication, la perte des colonies d’Amérique, une première puis une deuxième république en enfin le franquisme jusqu’à la conclusion de la guerre civile en 1939, qui mettra un terme à cette agitation. Dès 1868, une révolution renverse sa mère et contraint la famille royale à l’exil à Paris, dont Eulalie ne reviendra qu’en 1876 ; aussi a-t-elle reçu une éducation française.

Une gerbe sur les ruines d’une église à Hambourg

Lors de sa visite d’État en Allemagne le mois dernier, le Roi Charles III a déposé une gerbe en présence du président allemand Franz Steinmeier sur le site de l’église Saint-Nicolas à Hambourg, une ruine préservée en commémoration du terrible bombardement de juillet 1943 mené par la RAF.

Blues de Prusse

Le fantôme de Hitler hante la Maison de Hohenzollern. En 1994, le Bundestag, adoptait une loi dont seule la langue allemande connaît le secret, la Ausgleichsleistungsgesetz (loi de compensation), qui règle les conditions auxquelles les demandeurs peuvent prétendre à des compensations pour les expropriations effectuées par les Alliés à l’issue de la Deuxième Guerre Mondiale. En effet, après la capitulation en 1945, l’Allemagne avait été dépourvue de sa souveraineté qu’exerçaient en son nom les quatre puissances occupantes. Chef de la maison impériale de Hohenzollern descendant à la quatrième génération de l’empereur Guillaume II, le Prince Georg Friedrich de Prusse a alors instruit ses avocats sur base de cette loi de mener des négociations secrètes avec les Länder de Berlin et de Brandebourg en vue d’obtenir la restitution d’une importante collection de biens meubles ainsi que le droit de jouir à perpétuité du Cäcilienhof, le château où s’était tenue la conférence de Potsdam en 1945, au cours de laquelle les Alliés avait justement réglé le sort réservé à l’Allemagne vaincue.

Le Brexit et la Réforme anglicane

A l’occasion du troisième anniversaire du Brexit, de l’avis de La Ligne Claire, on peut voir le débat à ce propos comme une manifestation contemporaine de la querelle qui avait animé la cour du Roi Henri VIII au XVIe siècle. On se souviendra qu’en 1534 le Parlement anglais avait promulgué l’Acte de Suprématie qui faisait du souverain le chef suprême de l’Église d’Angleterre après qu’Henri VIII eût tenté en vain d’obtenir du Saint-Siège l’annulation de son mariage avec Catherine d’Aragon. Or, la prudence du pape est due, au moins en partie, à des considérations politiques puisque Catherine est la tante de l’empereur Charles-Quint, par ailleurs roi d’Espagne, le souverain le puis puissant d’Europe.