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Les détecteurs d'IA, les plagiats et le Goncourt

Accusé d'avoir écrit son roman avec l'IA, Thélyson Orélien est écarté du Goncourt pour plagiat. La Nouvelle Ligne teste des des détecteurs d'IA et aboutit à des résultats déroutants.

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Illustration de l'article : Les détecteurs d'IA, les plagiats et le Goncourt

Ces derniers jours, une polémique a éclaté au sujet du roman C’était ça ou mourir, dû à la plume de Thélyson Orélien, un auteur québécois originaire d’Haïti. Selon le compte X Balance ton Claude, derrière lequel se trouve la figure de Samuel Fitoussi, qui aurait fait appel à Pangram, un détecteur d’AI, le roman aurait été entièrement rédigé avec l’aide de l’IA. Publié chez Grasset, C’était ça ou mourir a d’ores et déjà recueilli le Prix FNAC 2026 et a été salué par la critique.

Les détecteurs d’IA

La Nouvelle Ligne ne dispose pas des éléments qui lui permettraient de porter un jugement au sujet de l’utilisation éventuelle de l’IA par M. Orélien. Or, on trouve en ligne nombre de détecteurs automatiques d’IA, si bien que La Nouvelle Ligne leur a soumis un article récent, Envoûtements, rédigé à la plume. Certes, les lecteurs devront prendre La Nouvelle Ligne au mot et lui faire confiance, sans pouvoir vérifier l’exactitude de cette affirmation ; ils pourront reconnaître cependant que le sujet de l’article fait un large appel à ses souvenirs musicaux de jeunesse, et qui se prêtent sans doute mal à une rédaction par l’IA.

Sur les dix sites consultés, sept (y compris Pangram) ont conféré la note de 0% IA à La Nouvelle Ligne ; deux lui ont au contraire attribué un score de 77% et de 83% ; le dernier accorde un score de 9% AI et de 91% humain.

Parmi les sites qui ont attribué une note de 0%, figure Plagiarism-detector.com, qui nuance sensiblement son évaluation de la façon suivante : 0% généré par l’IA, 78% possiblement IA et 22% humain. Bien plus, le site accorde un score phrase par phrase. Ainsi le site estime à 20% la probabilité que la phrase « You know it can’t go wrong » ait été rédigée par l’IA. En réalité, il s’agit d’un vers tiré de la chanson des Beatles « She loves you ».

Dès lors, La Nouvelle Ligne se limite à observer que l’utilisation de détecteurs gratuits d’IA peut donner lieu à des résultats farfelus, comme ici avec la chanson des Beatles, et à coucher fidèlement le résultat de ses observations entièrement à la main.

Que retenir de ces appréciations bigarrées ? Rappelons tout d’abord que l’IA s’entraîne sur les données qu’on lui fournit. Le monde de la séparation des pouvoirs, imaginé par Montesquieu, est bien mis à mal car c’est désormais l’IA qui rédige ses propres lois et rend ses sentences sur cette base comme le bourreau qui abat sa hache.

De l’IA au plagiat

Mais l’affaire ne s’arrête pas là car voilà M. Orélien accusé en outre de plagiat au sujet d’un texte précédent. A la différence de la rédaction par l’IA, la détection d’un plagiat par ces mêmes sites est dépourvue d’ambiguïté : x% du texte B est tiré du texte A. Or c’est d’abord pour cette raison que le 25 septembre l’Académie Goncourt retire C’était ça ou mourir de sa sélection en vue du prestigieux prix littéraire*.* L’auteur s’est rendu coupable de plagiat, déclare l’Académie sans ambages ; que l’ouvrage soit « selon toute vraisemblance très largement le produit d’une IA » n’intervient que comme deuxième argument pour justifier l’exclusion.

Le débat au sujet de l’utilisation de l’IA dans le processus de rédaction littéraire n’est pas près de s’éteindre ; en revanche il semble bien que le public assimile le plagiat à la tricherie.

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