Noko, plur. Banoko Les lecteurs du Temps se souviendront qu’il y a près de soixante ans Tintin s’était rendu en Suisse, à Cointrin d’abord, à Cornavin ensuite, qu’il avait été victime d’une queue de poisson sur la Route Suisse qui le précipite dans le lac, et qu’il tachait de joindre la villa du professeur Topolino, route de Saint-Cergue à Nyon, dont il ignorait qu’elle était truffée d’explosifs. Un quart de siècle auparavant, Tintin avait entrepris le voyage de l’Afrique, c’est-à-dire de son point de vue, du Congo belge. Embarqué sur le paquebot Thysville, il débarque à Matadi, le grand port du Congo, où il est accueilli par la foule en liesse et porté en triomphe aux cris de « Vivent Tintin et Milou ». Mais alors que Tintin et le Capitaine Haddock fonçaient sur la Route Suisse, les yeux rivés sur le volant, pour gagner au plus tôt la villa…
Articles étiquetés comme “Bande dessinée”
Blake et Mortimer – Signé Olrik Si vous êtes candidat à la reprise de la série de bande dessinée Blake et Mortimer, vous devrez caser le nouvel album dans la suite des précédents augmente, à la manière d’une pièce du jeu de stratégie Blokus. D’après Wikipédia, le dernier album intitulé Signé Olrik, et qu’on doit au talent conjoint du dessinateur André Julliard et du scénariste Yves Sente, se déroule au printemps 1959. La marge demeure étroite si bien que les auteurs ont recours au mécanisme qui consiste à extraire les protagonistes du temps présent et à renvoyer le lecteur vers un passé mythique. Avec Le Piège Diabolique, Jacobs, le créateur de la série, avait déjà utilisé ce procédé, repris plusieurs fois depuis par ses successeurs. Signé Olrik, des thèmes chers à E.P. Jacobs Sans surprise Signé Olrik reprend les thèmes chers à Jacobs, un savant brouillage entre légendes et histoire,…
Histoire de Jérusalem En octobre 2022 paraissait en bande dessinée une histoire de Jérusalem tout à fait remarquable, qu’on doit à la plume de Vincent Lemire, professeur d’histoire à l’université Paris-Est, et au pinceau de Christophe Gaultier. Découpée en dix chapitres, elle retrace l’histoire de la ville depuis sa fondation il y 4000 ans jusqu’à nos jours. Il y a 40 siècles donc, soit avant la conquête par les Hébreux des actuels territoires d’Israël et de Palestine au 14e siècle avant notre ère, Jérusalem n’est guère qu’une bourgade perchée sur une crête entre la Méditerranée à l’ouest et le désert et la Mer Morte à l’est. Le choix de l’emplacement interroge tant la plaine côtière si fertile est proche. Autour de l’an 1000 avant notre ère, le roi David conquière la ville et en fait sa capitale ; son fils, le roi Salomon, procède à l’érection d’un temple grandiose en l’honneur…
Censée se déroulée en 1963 dans la ville de Berlin, désormais coupée en deux, cette dernière aventure de Blake et Mortimer se situe en gros entre les épisodes du Piège Diabolique et L’Affaire du Collier, tous deux du crayon de Jacobs.
« Tintin, c’est moi » déclarait Hergé ; il désignait par là à la fois la distance qui le séparait de son personnage et l’intimité qu’il entretenait avec lui. Il en va de même avec Moiselle Isaure, où l’auteur, espiègle, se révèle dans son personnage.
Blake et Mortimer La Nouvelle Ligne s’était montrée assez critique envers les précédents épisodes des aventures de Blake et Mortimer, La Vallée des Immortels, tomes I et II, qu’elle juge indûment touffus et difficilement lisibles. Il semble que l’éditeur n’ait pas été insensible aux reproches formulés par La Nouvelle Ligne puisque le tout dernier épisode, Le dernier Espadon, répond en substance à ses objections. Le dernier Espadon – sans doute pas pour la dernière fois Tout d’abord il s’agit d’une histoire qui tient en un seul album, qui lui confère davantage de cohérence. Ensuite, les scénaristes font preuve d’astuce dans la mesure où, d’une part ils raccrochent leur histoire à celle du Secret de l’Espadon, l’album qui fonde la série en 1946, mais où d’autre part ils s’en détachent presque entièrement. Ils évitent de ce fait l’inconvénient majeur qui consiste à devoir imbriquer le dernier épisode dans la chronologie de…
Blake et Mortimer C’était Noël et la publication d’un nouvel album des aventures de Blake et Mortimer, en l’occurrence le tome 2 de la Vallée des Immortels, est revenue avec la régularité des saisons. L’intrigue, qui pouvait paraître quelque peu touffue dans le premier tome, l’est devenue plus encore dans le deuxième. Les deux histoires, celle ancienne qui retrace l’histoire de mystérieux documents et celle moderne de leur quête ne présentent qu’un lien tenu avec ce qui est censé être la trame principale du récit, la défense de Hong-Kong face à la double menace de l’avancée des forces communistes et de Xi-ni, un seigneur de la guerre. Devant cette confusion, les auteurs s’estiment obligés de rappeler au lecteur le contenu du tome premier tandis qu’un acolyte fait lecture au Professeur Mortimer de la traduction du mystérieux manuscrit pour lui permettre de résoudre l’énigme, mais en réalité pour venir en aide…
Astérix renvoie aux Français une image d’eux-mêmes Astérix naît en 1959, l’année où le Général de Gaulle retrouve l’exercice du pouvoir. Les lecteurs de La Nouvelle Ligne se souviendront qu’elle estime que l’un et l’autre participent de la même œuvre de rédemption, qui consiste à exorciser la défaite française de 1940. De même que l’Homme du 18 Juin, qui résiste encore et toujours à l’envahisseur, est le seul à même d’endosser le destin national, de même le village gaulois représente la France libre face aux légions romaines qui tiennent lieu de la Wehrmacht. Ce point de vue de La Nouvelle Ligne trouve sa pleine justification avec la publication ces jours-ci du nouvel album d’Astérix, dont le titre, La Fille de Vercingétorix [1], en fournit l’éclatante confirmation même. Les fouilles d’Alésia Si nous connaissons le Vercingétorix historique grâce au De Bello Gallico de Jules César, le Vercingétorix mythologique lui naît sous…
Blake et Mortimer Ouvrage hors-série basé sur les aventures de Blake et Mortimer, le Dernier Pharaon nous plonge dans un univers d’apocalypse où tout est renversé. Cet ouvrage à huit mains puise aux sources de l’œuvre de Jacobs, le Mystère de la Grande Pyramide en particulier mais aussi Le Piège Diabolique, mais n’en reprend pas les codes. On notera en particulier que le dessinateur, François Schuiten, conserve son style à lui qu’on a pu découvrir dans les Cités Obscures et qu’il ne s’est pas senti tenu de se conformer au style graphique propre à la ligne claire. Dans Le Dernier Pharaon on retrouve un Mortimer vieilli errant dans la ville de Bruxelles, devenue une sorte de Tchernobyl à la suite d’un mystérieux accident qui a libéré une énergie inconnue contenue dans une pyramide inversée, tapie sous l’imposant palais de justice. Blake quant à lui, se tient en retrait dans cette…
La Malédiction de Blake et Mortimer Les années paires comme 2018, Blake et Mortimer sont condamnés à faire leur réapparition au sein d’un nouvel album, La Vallée des Immortels, que saint Nicolas est venu déposer il y a un mois dans la botte de La Nouvelle Ligne posée devant la cheminée. Depuis que la série a été reprise en 1987, en général par une équipe composée d’un scénariste et d’un dessinateur (mais ici de deux dessinateurs), les auteurs ont été confrontés ou plutôt se sont volontairement soumis à de multiples exigences : reproduire le style de la ligne claire en vogue parmi l’école d’Hergé, conserver les codes de la série tels que les avait définis E.P. Jacobs, insérer une histoire dans une fourchette de temps allant grosso modo de la fin des années quarante au début des années soixante et surtout rédiger un scénario qui soit à la fois original et vraisemblable.…








