Ces jours derniers, La Nouvelle Ligne a eu l’occasion d’assister à un séminaire dans le domaine de la finance, dont la langue française, soumise à un feu nourri d’anglicismes, n’est pas rechapée indemne. Dans l’armurerie des anglicismes, Il existe cependant des munitions de différents calibres dont La Nouvelle Ligne, de retour de la ligne du front, fournit ici un inventaire.
Les mots anglais
Dominée par les Etats-Unis, la culture du monde de la finance est dans les faits anglo-saxonne ; aussi, fait-elle volontiers appel à des expressions qui peinent à trouver un juste équivalent en français, des mots comme fixing, private equity ou encore broker, autrefois appelé courtier en vieux français.
Les marques de paresse
On glisse cependant assez rapidement vers ce qu’il faut bien appeler de la paresse dès lors que l’on mentionne par exemple le compounding (plutôt que la composition) des taux d’intérêt ou encore ce projet de loi récemment voté par la House, là où la Chambre des Représentants fait parfaitement l’affaire.
Les anglicismes
On ne compte plus les verbes qui ont fait l’objet d’une francisation, invariablement au sein des verbes le premier groupe, parmi lesquels on trouve lister (coter en bourse), hedger (couvrir un risque), ou encore trader (négocier).
Les inventions de mauvais aloi
Si certains de ces verbes ont de fait trouvé leur place dans le jargon financier en français, de l’avis de La Nouvelle Ligne, d’autres relèvent de l’abus, par exemple : la politique monétaire est drivée par les banques centrales. A la différence du mot compounding, driver n’est pas de l’anglais et n’est pas non plus un mot qui, comme hedger, est passé dans le jargon. Exemple extrême, l’un des orateurs lors de ce séminaire factorait des éléments dans sa prise de décision, une traduction copié-collé de l’anglais mais qui fait appel à un verbe (factorer) qui n’existe tout simplement pas en français.
Les glissements de sens abusifs
Ces traductions hâtives peuvent également donner lieu à des glissements de sens erronés. Par exemple, lorsqu’on dit que « un tel est licencié », on ne veut pas dire qu’il est titulaire d’un diplôme de licence (ce qui serait correct) mais qu’il est soumis à une autorisation ou à la tutelle d’un régulateur (ce qui est incorrect en français).
Les erreurs grammaticales
Les lecteurs de La Nouvelle Ligne qui seront allés à l’école dans leur jeunesse se souviendront que la grammaire, c’est l’ensemble des règles à suivre qui permettent de parler correctement une langue. Dans ce contexte, ils se souviendront en particulier qu’en français, à la différence de l’anglais, seuls les verbes transitifs peuvent se conjuguer à la voix passive. Pourtant, La Nouvelle Ligne entend fréquemment dire que « votre question a été répondue » alors que répondre est un verbe intransitif, suivi de la proposition « à ». On devrait donc simplement dire : « Cher Monsieur, j’ai déjà répondu à votre question en date du… ».
Même les chiens qui sommeillent dressent l’oreille face à ces anglicismes déplacés.
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